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ZONE PIÉTONNE
Le dimanche, je me balade. Et quand je me balade, je pense à des trucs drôles que j'ai envie d'écrire pour voir s'ils te font rire aussi. Seulement c'est pas facile de marcher et d'écrire en même temps, alors je me balade d'abord et je viens nourrir ce blog ensuite. Voilà, c'est tout bête.
Tu viens marcher un peu?
Premier kilomètre (Premier post, 08/08/2010)
C'était dimanche soir, je trainais mes godasses dans les rues de ma ville.
Pour situer les choses, il faut savoir qu'à cette période, je souffrais d'incontinence épistolaire. J'envoyais dix messages par jour sous des prétextes foireux, pleins de digressions incohérentes, qui laissaient les mieux disposés de mes destinataires dans une perplexité inquiète.
À une blogueuse assez gentille pour me lire, j'avais déjà raconté la moitié de ma vie, contre à peine un quart de la sienne. Tout juste si j'avais réussi à lui taire quelques trucs, comme la fois où mes parents m'ont surpris en train de...
Bref.
À ce rythme là, c'était pas sûr que je sauve ce qu'il me restait de pudeur.
C'est pour ça qu'elle m'a suggéré d'ouvrir un blog, moi aussi. Au début, j'étais réticent: bosser gratos, merci bien. Et puis je sais pas faire. Surtout, j'ai pas le temps, j'ai déjà des trucs en retard. De la vaisselle, tiens, plein.
Or, c'est en récurant un fond de casserole cramé que finalement j'ai eu l'envie, et l'idée. Ce sera une sorte d'hygiène hebdomadaire: chaque semaine, sous un pseudonyme, je me viderai ici de mon trop-plein pour t'en faire don, lecteur (mais si tu tiens à payer, on peut s'arranger). Chaque dimanche soir, au lieu de glander devant un écran, j'irai marcher, parce qu'on a toujours des idées quand on marche. Et puis je rentrerai, je les écrirai et ce sera pas plus compliqué que ça.
Alors j'ai trouvé le titre du blog, le sous-titre, j'ai rincé les miettes au fond de l'évier, mis les pieds dans mes pompes et je suis sorti.
C'était donc un dimanche soir et comme je disais, je trainais mes godasses. J'ai erré 15 mn au hasard et suis arrivé dans un coin terrible et totalement inconnu, alors que je me targue de connaître ma ville, mais faut dire que là il y avait pas un rade à l'horizon. C'était un petit chemin de gravier qui longeait le bras d'un canal, plutôt étroit. La rive droite était bucolique à souhait, le vert humide des buissons un peu phosphorescent sous les faisceaux de crépuscule qui crevaient le ciel bouché. Mais joli quand même, le ciel: il avait l'air d'émerger de l'autre rive du canal, une friche industrielle où on fabriquait de la tristesse. Et au milieu il y avait des canards qui se foutaient de tout. Des canards, quoi.
Je me suis dit: mon vieux, t'y es. C'est le cadre idéal, t'as juste à te tenir là, respirer, l'inspiration va te tomber dessus comme la misère sur le pauvre monde.
J'ai pris une grande bouffée d'air et j'ai attendu.
…
Rien. Que dalle. Honnêtement, je commençais à me faire chier.
Soudain, BAM!! La foudre tombe à cent mètres et, en guise d'inspiration, des tombereaux de flotte qui se déversent sur ma gueule. Je suis rentré en courant et en disant plein de choses très vulgaires.
Pour le blog, c'est pas gagné. |