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Blog d'actualité traitant de tous les sujets dont l'auteur se sent à même d'approfondir, en tâchant, à chaque fois, de trouver un angle original.
Voici, par exemple, une ébauche d'article:
"Le double attentat qui a secoué la Norvège vendredi dernier illustre tristement les limites du langage, autant lorsqu’il s’agit d’exprimer l’horreur devant le massacre, qu’en laissant chaque observateur hagard, terrifié par la brusque proximité des événements, exacerbée par l’instantanéité de l’information.
Par ailleurs, le traitement de ces attaques – du point de vue de l’information - se révèle, lui aussi, symptomatique.
La plupart des dépêches, articles, témoignages, font état d’une attaque, d’un massacre, d’un carnage, d’un incident majeur.
Ça n’est pas, pour être honnête, le champ lexical premier de l’événement. Mais plutôt celui des jours qui ont suivi.
Car il faut bel et bien le distinguer des tweets et reportages encore confus.
Alors, il était question d’attentat. Les bureaux du Premier ministre visés, une bombe ayant explosé, l’agression islamiste a pointé à toute vitesse, s’est répandue comme une traînée de poudre.
Et c’est presque avec étonnement, mâtiné d’incompréhension, que l’on a découvert le visage clair, lisse, aux cheveux courts et au regard bleu, du principal suspect, celui-là même qui, encore armé, s’est rendu aux forces spéciales sur l’île d’Utoya.
Le spectre de l’attentat islamiste venait de mourir, alors que fleurissait la thèse de l’extrême droite pointant au-devant de la scène terroriste.
Le sentiment ressenti alors se révèle très contrasté.
Un mélange confus de stupeur, de méfiance, et de honte aussi, pour certains. La honte rapidement dissimulée d’avoir jugé trop tôt. D’avoir accusé sans preuve.
Alors, il faut bien convenir que ce dernier point se discute.
Qu’une preuve peut avoir mille définitions.
Que, chaque jour, l’actualité apporte son lot d’attentats au Moyen-Orient, d’explosions kamikazes, de voiture piégées et d’embuscades meurtrières, perpétrés par des groupes mus par une certaine – et extrême – conception de l’islam.
On peut donc considérer que la multiplicité de cette attaque oriente immédiatement l’esprit hagard vers l’explication, sinon la plus censée, du moins la plus évidente parce qu’habituelle et commune.
Admettons.
Il y a aussi, évidemment, les précédents attentats – à la bombe, comme un écho – à Madrid, en mars 2004 ; à Londres en juillet 2005.
L’attaque orchestrée contre l’hôtel Marriott, au Pakistan, en septembre 2008, nourrit tout autant le passif d’attentats islamistes rémanent dans tous les esprits.
Bien.
De la même façon, il ne serait pas tout à fait honnête d’omettre l’opinion des services de renseignement norvégiens qui, en début d’année, rendirent un rapport pointant du doigt les risques liés à certains groupes marginaux liés à la nébuleuse Al-Qaida.
Pourquoi pas.
Enfin, la participation de la Norvège sur les front afghans et libyens pouvait laisser craindre de telles attaques.
C’est entendu.
Et pourtant.
La définition du terrorisme permet sans doute d’apporter un éclairage nécessaire sur ce sujet.
Au sens actuel, sont entendus comme tels tous les actes visant à frapper, dans le sang et la poudre, un pays, un groupe, sous couvert d’une occupation, d’une expansion hasardeuse, et légitimé, quasiment systématiquement, par des considérations religieuses plus ou moins fumeuses.
Étant entendu que l’acte en question vise à engendrer la peur, la tétanie de la population visée. Dans ce sens, frapper en plein cœur les Etats-Unis aura-il permit de geler les marchés mondiaux, pour un temps infini, et d’engendrer, par voie de conséquence, le chaos le plus total.
Très souvent, les attaques ainsi mises en œuvre se déroulent-elles en plusieurs lieux différents afin de créer le sentiment d’une situation hors de contrôle sur l’ensemble du territoire.
Mais en quoi cela a-t-il été différent, ce vendredi 22 juillet 2011? Faut-il être étranger au pays visé pour être taxé de terrorisme ? Qu’en est-il alors des kamikazes qui se font sauter contre des chars de la coalition en Irak ? Ne leur donne-t-on du terroriste que parce qu’ils s’attaquent à l’Étranger, à l’Envahisseur ? Est-ce à dire que Anders Behring Breivik, tueur de masse de ses concitoyens, serait un criminel quand un fou de Dieu, habitant non loin de là, et déboulant dans un centre de recrutement de l’armée américaine serait un terroriste ?
La ficelle qui consiste à voir toute la rancœur du monde tournée vers l’Amérique a fini par s’user et n’est plus bonne à rien.
En revanche, il ne faut pas manquer de souligner le fossé qui se creuse, inexorablement entre l’Orient et l’Occident, d’une façon plus générale.
Car constater que les mentalités internationales se sont toutes trouvé au diapason à l’écho de l’explosion, en visant instantanément et sans réserve, un attentat islamiste, participe de cet éloignement des cultures dont naît, sinon la guerre, du moins une rancœur profonde et destructrice.
L’homme à l’origine du massacre ayant engendré la mort de 79 personnes en Norvège n’avait pas d’autre but que celui de créer la panique, d’insinuer la terreur dans les esprits, de choquer, et d’éloigner, de façon plus triviale, le parti travailliste de sa base.
Au cœur de sa justification, c’est justement le spectre d’une montée de l’Islam, exacerbé par tous les partis d’extrême droite en Europe – après l’essoufflement du complot juif mondial – que l’on retrouve.
Son manifeste de 1500 pages, publié peu avant les attaques, se complaît dans cette idée, comme dans la fange.
Il y a quelques années, le sujet du bac philo reposait sur cette question: « Peut-on se débarrasser des préjugés ? »
Il ne s’agit pas là d’y répondre.
Simplement de souligner, une fois encore, qu’ils ont toujours des échos nauséabonds.
Que le terrorisme appartient à tous ceux qui, depuis l’intérieur ou l’extérieur, décident de semer la terreur par la mort et la destruction.
Que l’essor d’un certain extrémisme mériterait d’être plus largement commenté : l’apparition de milice en Grèce ou en Russie en constante opposition avec des minorités, l’explosion d’un discours anti-islam nourri par la peur de l’autre, …
Que l’Islam – aux aspects parfois ô combien critiquables - n’a pas vocation à accueillir tous les fous de Dieu et moins encore à devenir une pouponnière pour martyrs en puissance.
Et que, pour s’en convaincre, d’excellentes traductions du Coran permettront de nourrir la réflexion de chacun.
Parce que la meilleure façon de comprendre, c’est de s’intéresser."
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Guillaume Pommier |